24 août 2008

Strawberry Swing

1756111928_small

C'est dans cet air ambiant de complicité consumée qu'offrait une mer calme d'après tempête, prompte cependant aux retournements que je fus renversée. Cette eau verte insinuait sur les brise-lames peu à peu recouverts qu'un fifrelin pouvait vous emporter à chaque instant. Je m'en détournais presque, à chaque fois que l'eau, vaguement trop pressante s'abattait sur mes jambes prêtes à glisser, avant de goûter enfin au plaisir peu avouable du risque et des interdits (quand les entrailles se rétractent, que les doigts se tordent pour mieux s'accrocher à cet instant qui échappe, se faufile entre le temps).
Débarquer dans un port (où la marchandise à peine amarrée disparaît) inconnu avec cette sensation de pouvoir commencer. Recommencer sa vie n'eût été que se leurrer et chose inutile, mais commencer à se retrouver soi comme l'on ne peut que l'être avec soi-même. Etablir une carte quasi-géographique de cette étendue se dressant orgueilleusement devant nous, une ville à découvrir, balayée par le sel comme un corps peut être gauchement exploré par une main moite.
Un sablier de taille égale à celle d'une oasis miraculeuse se retourna dix fois. Le temps (dont il fallait ben supporter l'humeur changeante) nous accorda de pouvoir tous nous apprivoiser, comme l'on observe un pommier avant d'en décrocher un de ses fruits, montant pas à pas à l'échelle de bois et d'examiner ces prémices scrupuleusement avant de s'en régaler.

Je m'interrogeais.
Etait-il possible qu'un homme droit ne se montre pas comme tel uniquement pour combler un manque ? Il avait cette allure d'homme qui d'un contact avec la terre puise toute sa force pour dévier les méandres de sa race dont il ne s'avait s'il devait en apprécier la grandeur, les arts, ou en renier la pauvreté d'esprit.
Sa tête semblait irrémédiablement fixée à ses épaules, des épaules capables de supporter le poids de lourds imprévus et la nuque massive. Il avait l'air de se moquer de nous quand nous jetions des pierres de cendres pour les voir se fracasser sur tel ou tel arbre en signe de notre agacement, refusant ainsi de s'abaisser à quelque pitrerie, mais aussi à un exutoire salvateur.

Pour quelque manière peu raffinée, je vous l'accorde, il s'écria : « Que voici une charmante façon d'agir », sur un air de reproche amusé, m'ordonnant implicitement de cesser de me donner en spectacle comme une pauvre femme. Les planches d'un théâtre voluptueux n'en auraient moins bien résonné. Cette unique représentation pourtant ne se jouait qu'entre lui et moi. Qui diable aurait pu comprendre qu'un tel abus de droiture nous réunirait tant ?
Je découvris ce qu'était de vouloir plaire à quelqu'un constamment, épiant ses réprimandes, jalousant ces rares compliments bafoués d'enfant poli qu'il adressait pourtant à ces commères en tenue de soirée. Plus rien ne m'importait, seul son jugement affectueux d'un homme sur son épouse. D'exister encore, pouvait seul le prétendre le désir de sentir encore sa présence au plus près de la mienne.

J'avais goûté à cette faiblesse dont on accuse les femmes, la tête haute pourtant. Maintenant, je me fichais éperdument de trouver une réponse à leurs médisances, de leur prouver qu'ils avaient tort.

1948990793_small_1

Posté par pulse à 21:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Strawberry Swing

    =) more and more and more....

    Tu écris bien chère soeur =P !
    J'aime comment tu écris, et ce que tu écris...
    Je ne trouve pas grand chose à dire, car il y a plusieurs ""histoires"", ou sujets, mais j'aime la tournure que tu emploies à chaque phrase..

    "J'avais goûté à cette faiblesse dont on accuse les femmes" quelle est-elle ?

    Point con du jour :
    L'image >>
    -Bien !
    - Ah nan, ya un mec qui fume dans l'rétro !"

    Posté par meuganeuh, 24 août 2008 à 22:01 | | Répondre
Nouveau commentaire