19 décembre 2008

It's a curse

L'absurdité de cette existence est trop souvent oubliée. La beauté, lorsqu'elle n'est pas entretenue par l'éveil des sens s'endort. Elle court cacher ses étonnantes quintessences, recouverte par d'affreuses couches superflues que l'homme lui-même a déposées. Une fois dissimulée, on ne peut plus l'atteindre. Parfois l'effusion des mots aboutit, avec un long travail et une lutte constante, à la vague perception d'une ombre. Une image noire en mouvement que la vue ne peut pas suivre. Notre rythme cardiaque s'accélère, de fines gouttes de sueurs descendent le long de ce corps aux aguets maintenant oublié. On a beau faire, on a beau dire elle ne nous attend pas, pour la simple et bonne raison qu'elle ne nous voit pas. Nous sommes bien trop laids, bien trop factices pour une telle intelligence, rares sont ceux qui l'ont touchée du doigt sans sombrer dans une terrible folie. Pour elle nous ne sommes que des vieux ours mal léchés, rien de plus. On a beau dire elle n'écoute pas. On a beau essayer de courir, tenter de la rattraper, elle nous échappe, et c'est d'autant plus frustrant qu'elle nous attire. L'esprit est alors lavé de toute image, de toute croyance, de tout symbole, de tous les mots, des répétitions, de toute peur. Ce que l'on voit est réel. Dans ces moments là plus rien n'a d'importance, nous ne pensons plus à l'existence, tout nous échappe. Peu importe la mort, peu importe cette rude aventure qu'est la vie. Nous ne sommes plus, et pourtant nous n'avons jamais été aussi vivant, aussi présent dans l'instant. La pyramide des sens s'affole, s'élève sous le soleil brulant d'une Égypte morte, où pourrissent les pharaons endormis par la mystification mondiale. Nous ne savons pas voir autre chose que ce qui nous est montré. Pourtant la beauté est partout, là où la vie est présente. Dans le battement d'aile des oiseaux, dans l'extreme perfection des fleurs et plus vastement de la nature, dans l'esprit et ses subtils secrets, parfois même dans les luttes incessantes entre les hommes. Mais en général, nous nous préparons à n'en appréhender qu'un petit recoin. Personne ne nous rappelle que la splendeur du monde est à côté, faute de quoi nous ne voyons plus rien. Les âmes deviennent aveugles.


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