27 mai 2008

A modern myth

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Puisqu'ici une image d'imagination fertile et facile règne, pourquoi ne pas prendre part au mouvement ? C'est ce cliquetis intransigeant du clavier qui décidera de la parution, de la mise en texte d'une ébauche en espérant qu'elle soit bonne. On espère, ça oui ! On s'acharne, on se bat contre un mur insurmontable derrière lequel (il est possible d'imaginer que) tout s'ouvre, tant la beauté du monde que sa bêtise.

C'est l'histoire du mec qui, avec sa petite cuillère, creuse non pas un tunnel, mais une échelle sur le mur : il sait qu'il ne saura pas descendre de l'autre côté, c'est trop haut, mais il aura vu ce monde de l'autre côté de la barrière.
Je m'épuise, mes poings saignent, rauques, secs, anguleux, cassés par endroits.

1741137808_smallMaintenant imaginez-moi dans trente ans : sans visage, pas de détails physiques, hors contexte familial, professionnel ou que sais-je encore. Pas de décors, pas de costume. Peut-être une chaise banale dans le noir, pas étouffant, neutre. Il est plus facile de s'imaginer une chose en lui attribuant une image. Disons, juste ce que je serais sans le savoir aujourd'hui. Serais-je devenue celle que je voulais être à dix, six ans? J'ai la hantise de me décevoir. Je ne saurais pas vivre de ça. On s'imagine beau ou avec beaucoup de charme, discretion, charisme et grâce, soutenu par une épaule protectrice, résister à tout, avec le métier de nos rêves en prime, une famille et du temps pour nous s'il en reste. Après tout, qui décidera ? Moi ? La vie, probablement.

J'accepte le destin, s'il existe, car s'il a quelque dessein universel, on n'est pas forcément tous perdants. Sourire à un jeu de cartes où les deux adversaires, s'épiant fixement, traquant chaque signe de la part de l'autre, finissent tous deux gagnants, avec des intérêts différents, chacun fier de la sienne sans jalouser la réussite de l'autre. Se battre et réussir.

Se battre mais réussir.

J'ai peur de moi. Un flou m'entoure. Le besoin d'une part, l'envie lui faisant face, s'arrachent chaque organe de mon ventre. Je suis le bétail, on cherche en moi le meilleur morceau à consommer. Vendre à prix fort. On me fouille tout le temps, constamment, perpétuellement ses mains, ses ongles se balladent dans mes intestins, y laissant le sang dont elle s'étaient laissées tâcher.
On continue, j'avance sans savoir. On s'imagine, j'espère sans exactitude. Je, réaliste, ne demande pas l'impossible, mais le voulu.

Vouloir, voyez, voyeurs.

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Posté par pulse à 23:24 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur A modern myth

    pulse ??? c'est ton nom ???

    hum hum j'aime bien...surtout l'histoire du mec et de sa cuillère!!
    J'ai pas trop compris par contre pourquoi tu parles d'1 jeu de cartes...

    Love love me

    Posté par Roxane, 29 mai 2008 à 23:02 | | Répondre
  • Bah ce n'est pas qu'une histoire de jeu de cartes, c'est un exemple, une métaphore...

    Posté par Chloé, 29 mai 2008 à 23:12 | | Répondre
  • dsl Chloé ont la perdu hihih qui nous guidera dans notre avenir nous notre famille nos ami(e)s notre moitié qui c'est ou on sera t-elle est la question comme dirai jerem "vivons le jour le jour, je m'en fous de ça etc " bisou

    ps : Jerem c'est pas méchant

    Posté par warren, 31 mai 2008 à 10:37 | | Répondre
  • C'est mélancolique. J'ai l'impression que tu as peur de décevoir les autres, mais surtout toi. Après c'est une analyse matinale non postcoïtale. Voir l'enfant qu'on était regarder l'adulte qu'on est, me fait penser à Bonnefoy, mais il y'en a eu d'autres. Entre nos désirs, notre imagination et notre vie actuelle, rien ne se passe souvent comme prévu. Seulement, comme tu le dis, l'imagination a le pouvoir de faire de grandes choses, l'homme à la cuillère n'en est-il pas l'exemple ? Peu importe le prix, la vision d'un autre monde, l'escale d'une minute en vaut bien l'effort. Bref, j'ai lu par petit morceau, cette analyse n'a rien de cohérent. Le voulu est parfois l'impossible. Cependant, on ne peut pas tout remettre aux mains du destin, je pense qu'on a tous au fond de nous, cette chose qu'on appelle envie. Employée avec précaution, elle peut nous faire faire de grandes choses. Sinon je te conseille le Tropicana ( 2 verres par jour minimum, car là j'ai perdu mon carburant). Gros bisous, continue d'écrire ou pas. Fais ce que tu penses faire et ne t'impose rien que tu ne veuilles pas. ( oui j'ai écris des livres de développement personnel, je t'envoie mon dernier best seller : Je suis une personne formidable mais j'en doute )

    Posté par Apostrophe, 12 juin 2008 à 11:39 | | Répondre
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